FONDEMENT
Les règles de la Chari'a interdisent en principe toute transaction commerciale dont l'objet est inexistant au moment de sa conclusion (bi'a al ma'adoum). Cependant, certaines pratiques commerciales, bien que ne répondant pas à cette condition, sont tolérées compte tenu de leur nécessité dans la vie des gens. C'est le cas de la vente Salam qui a été autorisée par le Prophète dans le Hadith « celui qui fait le salam, qu'il le fasse pour un volume connu, pour un poids connu et pour un délai connu (man aslafa falyouslif fi kayl ma'aloum, oua waznin ma'loum ila adjalin ma'aloum).
UTILITÉ DE CE MODE DE FINANCEMENT :
Si la Moucharaka, la Moudharaba, le Leasing et la Mourabaha permettent à la Banque Islamique de répondre dans une large mesure aux besoins de sa clientèle en matière de financement des cycles de création, d'investissement et d'exploitation des entreprises, ces différentes techniques s'avèrent insuffisantes à elles seules pour couvrir la totalité de ces besoins.
Il en est ainsi à titre d'exemple des besoins de financement du fond de roulement,de certaines charges d'exploitation telle que les salaires, les impôts et taxes, les droits de douanes...etc.
Ces besoins nécessitant souvent un apport monétaire direct, exigent par conséquent un mode de financement plus approprié que la Mourabaha, celui-ci devant se traduire obligatoirement pour des raisons de conformité aux principes de la Chari'a, par l'achat de stocks et leur revente par la Banque elle-même.
Le Salam présente l'avantage de permettre à la Banque d'avancer directement des fonds à son client, en se positionnant en tant qu'acheteur vis à vis de lui et en lui concédant un délai pour la livraison des marchandises achetées. Bien plus, la formule du mandat, comme on le verra plus loin, permet au client de continuer à traiter normalement avec sa clientèle ordinaire, sous la seule réserve qu'il le fait pour le compte de la Banque, à concurrence de la valeur des marchandises acquises par elle dans le cadre du contrat Salam.
Par rapport à la Moucharaka, qui s'adapte plus au cycle long, le Salam se distingue par son moindre risque dans la mesure où la créance de la Banque (ou sa contre valeur) constitue, comme dans la Mourabaha une dette commerciale constante sur le client (le vendeur).
Il apparaît donc que ce type de financement offre de plus grandes opportunités et une plus grande souplesse à l'intervention de la Banque, tout en s'inscrivant dans le cadre des principes de la Chari'a Islamique.
A ce titre, le Salam se présente comme un moyen idéal de financement de certains types d'activités économiques telle que l'Agriculture, l'Artisanat, l'Import-Export, les coopératives de jeunes, la P.M.I. - P.M.E. en plus du secteur de distribution.
En outre, le Salam pourrait constituer une formule de remplacement à la pratique de l'escompte commercial. Les effets et/ou valeurs en possession du client seront prises à titre de garantie du financement Salam que la Banque pourrait lui consentir.
Analysé par comparaison aux pratiques bancaires classiques, le Salam peut se substituer , aux formes de crédits à court terme comme les facilités de caisse, les découverts, les crédits de campagne et les avances sur marchandises.
CONDITIONS DE CONFORMITÉ DU SALAM AUX PRINCIPES DE LA CHARI'A (SALAM )
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La marchandise objet du contrat doit être connue (en nature et qualité), quantités (en nombre, en volume, ou en poids) et valorisée (en monnaie ou en autre contrepartie en cas de troc).
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Le délai de livraison de la marchandise par le vendeur doit être fixé dans le contrat et connu des deux parties.
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Le prix (ou la contrepartie) de la marchandise doit être fixé dans le contrat, connu des deux parties et payé par l'acheteur (la Banque) comptant.
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Le lieu de livraison doit être déterminé et connu des deux parties.
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L'acheteur peut exiger du vendeur une caution pour garantir la livraison de la marchandise à l'échéance ou tout autre garantie réelle ou personnelle.
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L'acheteur peut mandater le vendeur pour vendre et/ou livrer la marchandise, à l'échéance, à une tierce personne moyennant une commission ou sans commission. Le vendeur est alors personnellement redevable vis à vis de l'acheteur du recouvrement du prix de vente.
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L'acheteur ne peut vendre la marchandise avant sa livraison par le vendeur. Toutefois, il est autorisé à le faire par le biais d'un contrat Salam parallèle